Filosofias do Despertar, Vanguarda e Tradição

Groupe de Thèbes – Ombres et Lumières

Entretien accordé à Dominique Dubois par Rémi Boyer
Pour Historia Occultae nº3 sept 2010 (revue-livre éditée par L’œil du Sphinx)

Commençons par une question simple : Qu’est-ce que le Groupe de Thèbes ?

La question est simple. La réponse ne l’est pas. Commençons par dire ce que le Groupe de Thèbes n’était pas. Ce n’était pas la Grande Loge Blanche, ce fut en effet dit ici et là. Ce n’était pas non plus, a fortiori, la Grande Loge Noire, ce qui fut entendu aussi. Grande Loge Blanche et Grande Loge Noire sont d’ailleurs deux mythes qui se sont révélés davantage toxiques que bénéfiques, plus destructeurs que fondateurs. Le Groupe de Thèbes n’était pas le fameux troisième ordre de la Golden Dawn. Ce qui fut écrit par un responsable de la Golden Dawn, sans doute dans un moment d’exaltation. Ce ne fut pas une nouvelle Loge P2, comme on a pu le laisser entendre. Enfin, ce ne fut en aucun cas un groupuscule d’extrême droite comme ce fut dit, écrit et parfois repris, encore aujourd’hui, par malveillance ou stupidité, par des personnes qui ne prirent jamais le temps de vérifier les faits ou qui même n’en avaient pas envie, préférant se complaire dans une médiocrité rassurante.

L’affaire du Groupe de Thèbes, comme on dit parfois, qui éclata en novembre 1993, fut un montage grossier qui alimenta la rumeur dualiste, sur laquelle nous aurons à revenir. Un symptôme du règne ordinaire de la bêtise. Entendons la bêtise au sens philosophique, soit le fait de croire détenir la vérité et de prendre des décisions selon cette croyance erronée, décisions qui s’avèrent souvent désastreuses.

Peut-être faut-il revenir sur la genèse de ce groupe qui n’est pas né de nulle part ?

En effet, à la fin des années 1980, j’organisais trois colloques publics au Théâtre municipal de Nevers, un magnifique petit théâtre à l’italienne, autour de l’ésotérisme et l’hermétisme. A l’époque, il était possible de parler d’ésotérisme, davantage sans doute qu’aujourd’hui, en milieu ouvert, « profane » diraient certains. Une ouverture culturelle réelle, mais fragile, permettait d’envisager une dialectique entre un ésotérisme de qualité et une culture plus courante basée sur la littérature, l’art ou la science. Des personnalités très différentes se rencontrèrent à cette occasion. Parmi elles, Fred Zeller, ancien Grand-maître du Grand Orient de France, et surtout peintre remarquable, avec qui je devais garder d’excellentes relations jusqu’à son départ pour l’Orient Eternel, Claude Bruley, alors responsable du Cercle Swedenborg, ou encore le révérend Yukaï, moine Shingon qui dirige le seul temple Shingon d’Europe, temple dédié à Fudo-Myo. Ces rencontres « œcuméniques », l’expression est à la mode, furent très riches et originales. Elles furent construites selon deux axes. Le premier était le principe d’une structure unique, « absolue », a-culturelle, présente au coeur des diverses traditions, que la rencontre permettait de mieux cerner, principe que je n’ai eu de cesse d’explorer et que l’on retrouvera dans le Groupe de Thèbes. Le second axe était la nécessité et la richesse du dialogue Orient-Occident.

De cette expérience, naquit, je ne saurais dire comment, l’idée de rassembler des responsables d’organisations initiatiques, spirituelles et traditionnelles occidentales et orientales dans un espace neutre pour, simplement, être ensemble, sans public, se découvrir, s’entendre, se comprendre. Ce furent les Colloques Arc-en-Ciel dont le premier se déroula au siège de la Société Théosophique à Paris, square Rapp. Il me faut d’ailleurs saluer ici le courage et l’ouverture du théosophe Pierre Soléau sans qui ce premier colloque n’aurait pu prendre forme. C’est de cette époque que date ma collaboration étroite avec Robert Amadou, collaboration qui perdura avec bonheur jusqu’en 2004. Plusieurs universitaires, qui n’étaient pas responsables ni membres d’organisations initiatiques mais qui leurs portaient un intérêt sérieux de nature historique ou sociologique y participèrent également. C’est aussi dans ce contexte que se nouèrent les contacts qui permirent l’aventure du Groupe de Thèbes. Certains participants des Colloques Arc-en-Ciel, y compris certains universitaires, souhaitèrent donner plus de densité à ces moments en recentrant le projet sur les ordres initiatiques occidentaux, sur une mise en commun et une analyse des praxis, ce qui n’excluait pas l’étude des corpus et des contenus doctrinaux.

Quelles personnalités jouèrent un rôle décisif dans la constitution du Groupe de Thèbes ? Quelle fut la nature de ce groupe peu ordinaire ?

Jean-Pierre Giudicelli de Cressac Bachelerie venait de publier son livre remarqué Pour la Rose Rouge et la Croix d’Or1. Il se trouvait alors à la croisée de nombreux courants hermétistes en Europe qu’il invitera à se joindre à nous. Robert Amadou soutiendra pleinement le projet comme beaucoup d’autres personnalités de la scène hermétiste européenne. Je crois, avec le recul, que l’un et l’autre furent les plus décisifs, chacun à leur manière. Le premier par sa volonté et une détermination sans faille, le second par sa sagesse et sa distance. Je pris rarement de décision concernant le groupe sans m’entretenir préalablement avec eux.

Le groupe rassembla donc des responsables d’organisations initiatiques occidentales, des spécialistes de disciplines traditionnelles et des universitaires spécialisés sur l’étude des mouvements initiatiques ou spirituels. Parfois, leurs compétences étaient très précises, ou même très contextualisées.

La première session du Groupe de Thèbes eut lieu le 3 juin 1990. Ce fut un succès et, naturellement, nous avons tous souhaité renouveler ces réunions plutôt informelles, organisées classiquement en conférences plénières et en ateliers thématiques. Mais un succès en quoi ? Certes les rencontres étaient plaisantes, fraternelles, les contributions de très bonnes qualités, les thèmes particulièrement riches, de l’alchimie à la métaphysique en passant par la théurgie, l’histoire et la philosophie des mouvements. Cependant, le plus important fut sans doute le tissage relationnel qui s’étendit en Europe, et au-delà, hors des rencontres elles-mêmes, entre quelques-unes des individualités les plus marquantes de la scène hermétiste et initiatique. De nombreux projets, d’écritures, de recherches, historiques et non-historiques, de travaux en laboratoire, d’évaluations, de performances (l’idée, féconde, de « performances initiatiques », comme il y a des performances artistiques, fut énoncée dans le cadre du groupe) virent le jour à cette époque. J’ai compté dix-neuf projets conséquents nés sur la scène ou dans les coulisses du Groupe de Thèbes en trois ans, certains majeurs. Je ne parle que des projets directement issus du groupe, il y a tous ceux qui sont nés en marge ou en prolongement des relations établies dans le cadre du groupe et qui perdurèrent bien au-delà de sa brève manifestation. Beaucoup des animateurs actuels du microcosme maçonnico-hermétiste furent membres du Groupe de Thèbes. Certains projets, constitués plus tard contre le groupe même, présentent aussi de l’intérêt. Si l’on examine avec soin l’orientation des créations issues du Groupe de Thèbes, cela définit assez bien sa nature. Ce fut un groupe à vocation culturelle, orienté par le partage traditionnel et initiatique. Seulement un groupe culturel. Ce ne fut pas le cercle interne des principaux ordres initiatiques occidentaux. Ce ne fut ni une super structure initiatique ni une nouvelle FUDOSI2, une fédération d’ordres initiatiques que certains auraient souhaitée. J’étais opposé et je demeure opposé à l’idée d’une fédération d’ordres initiatiques qui ne sert finalement que des intérêts partisans et particuliers. Raymond Bernard avait d’ailleurs tenté de nous entraîner vers un tel projet. Le Groupe de Thèbes fut le lieu, somme toute assez banal, de la rencontre entre des individus qui partagent un même intérêt, voire une même passion, et sont engagés dans une queste semblable, ou parallèle. Leurs responsabilités à la tête d’organisations diverses ne comptaient guère, ils étaient ici pour eux-mêmes et leurs compétences. Ils n’avaient rien à prouver, rien à défendre. En tout cas, c’est ce qu’offrait le cadre informel du Groupe de Thèbes. Il est probable que quelques-uns, rares, vinrent y chercher de la reconnaissance. Si ce fut le cas, ce fut sans ostentation.

Avec le recul, comment définiriez-vous la finalité du Groupe de Thèbes ?

Il y a deux manières d’appréhender la finalité du groupe. Nous pouvons considérer la tradition occidentale comme un puzzle, les pièces du puzzle étant les multiples expressions traditionnelles que nous connaissons sous la forme de courants. La finalité du groupe serait alors de contribuer à reconstituer le puzzle en identifiant les articulations possibles. C’est une lecture horizontale et temporelle. L’autre approche, déjà évoquée, que je n’ai pu développer complètement que bien après le Groupe de Thèbes, consiste à appréhender les expressions traditionnelles diverses, voire opposées dans l’apparence, comme véhicules d’une même structure absolue, indicible et insaisissable, mais dont nous avons toutefois le pressentiment. Explorer un courant, puis un deuxième, puis un troisième, permet de discriminer entre ce qui est culturel, historique, temporel et ce qui demeure, à la fois manifestation de notre propre nature originelle et chemin vers notre nature ultime. C’est une approche verticale, atemporelle qui oblige à se rapprocher de soi-même. Cette seconde approche est plus pertinente. Je crois que le Groupe de Thèbes a pu la favoriser mais pas la mettre en oeuvre réellement.

Aujourd’hui, vous est-il possible de lâcher quelques noms, quelques chiffres ?

Robert Amadou, Triantaphyllos Kotzamanis, Gérard Kloppel, tous les trois disparus malheureusement. Puis ceux dont les noms furent jetés en pâture, non dans la presse, mais dans un unique organe de presse : Jean-Pierre Giudicelli de Cressac Bachelerie, Massimo Intovigne, Christian Bouchet, Paolo Fogagnolo, Jean-Marie d’Ansembourg, moi-même. Pour tous les autres, je tairai les noms.

De 1990 à 1993, le Groupe de Thèbes compta jusqu’à 80 membres, venus de trois continents, Afrique, Amérique, du Sud et du Nord, Europe. Les réunions rassemblèrent au plus 40 membres. Certains furent présents à chacune des deux réunions annuelles, d’autres ne vinrent qu’à l’occasion. Il y avait sur le papier, un Groupe de Thèbes de langue anglaise qui n’a jamais fait de réunions indépendantes à ma connaissance. Il y eut, sous un autre nom, un Groupe de Thèbes en Afrique noire avec un projet propre qui accomplit un excellent travail et fut notamment à l’origine de plusieurs thèses universitaires sur les traditions africaines.

Quels furent les organisations ou les courants représentés au sein du Groupe de Thèbes ?

Aucune organisation initiatique ne fut jamais représentée en tant que telle au sein du groupe. Chaque membre ne représentait que lui-même. C’était une garantie de liberté et devait réduire les risques de luttes d’influence. Ce fut insuffisant comme le prouvèrent les événements de 1993. Les membres appartenaient à des courants très divers : hermétisme, illuminisme, rosicrucianisme, martinisme, martinézisme, franc-maçonnerie, pythagorisme, gnosticisme, celtisme, thélémisme, soufisme, etc. Tous étaient porteurs d’une réelle expertise dans leur domaine. Beaucoup marquèrent et marquent encore leur époque par la qualité de leurs travaux et de leurs publications. Le groupe ne rassemblait que des spécialistes de courants occidentaux mais quelques-uns étaient dépositaires de voies orientales, notamment dans le domaine des alchimies internes. En raison des origines du Groupe, que j’ai évoquées, il y avait aussi des universitaires dont les opinions religieuses et spirituelles étaient les plus diverses mais qui partageaient un intérêt pour les courants ésotériques qui commençaient justement, à l’époque, à être reconnus comme sujet d’étude universitaire. Seul le nom de Massimo Introvigne a été mentionné dans une certaine presse, et dans une intention de lui nuire, ce qui m’amène à taire les autres, qui étaient pourtant de taille, et pas seulement français.

D’où vient le nom du groupe ?

Je ne me souviens plus des raisons exactes de ce choix. Je pense avoir préféré Thèbes en raison du rayonnement traditionnel de l’antique cité. Robert Amadou aurait préféré Alexandrie qui lui semblait mieux correspondre à la finalité du groupe. C’est pourquoi nous avons appelé l’un des satellites du groupe le Cercle d’Alexandrie.

Quelle était la fonction du Cercle d’Alexandrie ? Etait-il un cercle probatoire ?

Aucunement. Ce fut un cercle adjacent, destiné à inviter des personnalités qu’il nous intéressait de rencontrer mais qui, de par leur fonction ou leur position, n’étaient pas destinées à venir travailler avec régularité dans le groupe. Des universitaires, des historiens, des artistes ont ainsi pu s’y exprimer. Le Cercle d’Alexandrie a permis des rencontres tout à fait étonnantes, je pense à Catherine Despeux sur le sujet des alchimies internes, ou aux représentantes de la Loge féminine Heptagone qui exposèrent leur passionnant et original projet. Il y eut sans doute quelques invités du cercle qui rejoignirent par la suite le Groupe de Thèbes. Exceptionnellement.

Venons-en à l’affaire. Le 4 novembre 1993, l’Evénement du Jeudi publie un article qui fait scandale. Que s’est-il passé en réalité ?

Rappelons que l’étymologie du mot « scandale » évoque un obstacle qui attire irrésistiblement. Je ne prétends pas restituer la réalité des faits. Nul ne détient jamais tous les éléments de l’histoire. Mais il est possible de comprendre quelques ressorts de ce qui reste l’une des farces les plus réussies par la grande presse sur le sujet des sociétés secrètes, un de leurs marronniers préférés. Généralement, pour faire augmenter les ventes, c’est la Franc-maçonnerie qui est ciblée, ou aujourd’hui les sectes ou prétendues telles. Avec le Groupe de Thèbes, nous avons une opération plus complexe qui s’organise autour des crispations personnelles de quelques protagonistes, dont les intérêts vont converger pour un temps très bref.

Voici quelques éléments de contexte :

L’Evénement du Jeudi était en difficultés financières. Pour survivre, il se laissait régulièrement aller au sensationnalisme. Il n’avait parfois rien à envier aux tabloïds de nos amis anglais. Au Grand Orient de France, on parlait déjà de L’Excrément du Jeudi. Rappelons qu’à l’origine, cet hebdomadaire, de grande qualité pendant plusieurs années, fut le premier, en France, à se construire sur l’actionnariat de ses lecteurs. A la fin des années 70, j’ai acheté, comme beaucoup de jeunes qui croyaient à la liberté de la presse, quelques participations à l’EdJ. Mais quinze ans plus tard, rien ne va plus. L’Evénement du Jeudi déposera le bilan un an après son attaque contre Le Groupe de Thèbes. La crise qui prévalait au journal explique pourquoi la rédaction laissa passer un dossier de dix pages clairement en violation de la déontologie journalistique. Ce n’était pas la première fois. Ce ne fut pas la dernière et la dégénérescence de la presse n’a fait que s’accentuer depuis pour atteindre la situation grotesque que nous connaissons.

Le Grand Orient de France traversait une période agitée. Le G :. O :. semble toujours traverser une période agitée mais il sait naviguer. Il connaissait à l’époque une certaine ouverture vers l’ésotérisme, timide mais réelle, ce qui ne plaisait pas à tous les Frères et notamment à ceux que l’on appelle parfois abusivement les « trotskystes » qui voulaient reprendre la main. La guerre de ces derniers contre ceux qui prônaient un retour, minime, à la tradition, fut sournoise.

Le Groupe de Thèbes dérangeait une partie de la scène traditionnelle et maçonnique. Certains auraient aimé être invités ou le rejoindre. D’autres y voyaient une dangereuse concentration de fortes individualités aux profils plutôt atypiques. Dans les deux cas, la finalité du groupe, sa nature et ses mécanismes restaient incompris.

Au sein du groupe, des rivalités étaient apparues entre deux membres de courants proches, thélémisme et Golden Dawn. Ces deux courants sont les enfants agités de la Tradition3. Ils sont aussi très créatifs.

Le jeu naturel du triangle archaïque pouvoir-territoire-reproduction fera le reste. L’article fut commandé à un journaliste qui, abusant de la technique de l’amalgame, sortit un dossier extravagant qui présentait le Groupe de Thèbes sous le titre tapageur : « Derrière la magie et l’irrationnel… l’extrême droite et l’affairisme. Enquête sur le mystérieux Groupe de Thèbes… Le vrai visage des sociétés secrètes ». Les recettes sont connues : juxtaposition de faits réels et de fausses assertions, faux liens, sous-entendus, panachages, mensonges éhontés qui relèvent parfois de la pure diffamation (L’EdJ ira jusqu’à présenter Jean-Marie d’Ansembourg, aristocrate belge érudit, on ne peut plus républicain et humaniste, comme un vulgaire « facho » de mèche avec les nationaux bolcheviques russes.). L’auteur du dossier, capable du meilleur comme du pire, était connu à l’époque dans le milieu journalistique pour ses collages tortueux. L’EdJ s’appuya, entre autres, sur les pseudo-révélations d’un membre du Groupe de Thèbes et d’un invité au Cercle d’Alexandrie qui avaient des comptes personnels à régler avec Christian Bouchet. Le journaliste choisi pour ces basses besognes était dans son élément : anti-fasciste, sa cible sera Christian Bouchet ; hostile à la Franc-maçonnerie, son dossier jettera le trouble au sein du G :. O :. et le discrédit sur la Franc-maçonnerie (plusieurs Grands-maîtres francs-maçons participaient au Groupe de Thèbes) ; en guerre contre l’Eglise de Scientologie, il s’attaquera à Massimo Introvigne qui dénonçait alors, avec de nombreux collègues universitaires spécialisés, la politique anti-secte française, réductrice et liberticide, susceptible, à terme, de nuire aussi bien à l’Eglise catholique qu’à la Franc-maçonnerie. Le journaliste fit ainsi d’une pierre trois coups. Habilement, il manipula ses diverses sources. Il vint vers moi, déjà bien informé, pour rédiger, prétendait-il, un dossier sur l’initiation et la Franc-maçonnerie. Il affirma même trouver l’expérience du Groupe de Thèbes « intéressante ». J’ai clairement manqué de vigilance à son propos, plus familier peut-être de journalistes sérieux et respectueux des règles. Lui même fut, de plus, le jouet de ceux qui avaient besoin du scandale pour obtenir un repositionnement dans le petit jeu de pouvoir obédientiel maçonnique. Il est évidemment difficile de lire la carte du monde des sociétés initiatiques, encore plus quand l’intention n’est pas de comprendre mais de diaboliser ou déstabiliser et que l’on se complet dans la désinformation.

Il faut aussi, je pense, préciser dans quel sens le Groupe était « secret ». Certes, une certaine discrétion s’imposait, ou plusieurs personnes auraient refusé purement et simplement de participer. Mais le « secret » était tout à fait relatif. Notamment, des éclaircissements sur les travaux du Groupe de Thèbes furent donnés lors d’un colloque organisé par le CESNUR de Massimo Introvigne à Bordeaux, auquel assistaient plus de cent personnes, et non seulement des universitaires mais aussi des journalistes.

L’Evénement du Jeudi mettait en cause le Groupe de Thèbes pour ses accointances avec l’extrême droite. Qu’en fut-il exactement ?

Le Groupe de Thèbes n’avait aucune orientation politicienne et n’abordait jamais de sujet politique. Ce n’était tout simplement pas le propos. Un individu engagé véritablement dans une queste initiatique ne peut plus s’identifier au jeu politique qui relève clairement du jeu « moïque » et constitue une bouffonnerie au sein de la tragi-comédie du monde. De plus, la queste initiatique est par essence libertaire, elle ne saurait conduire à des contractions liberticides.

Cependant, les jeunes gens épris de liberté qui ne trouvent pas immédiatement le passage par l’initiation sont souvent attirés par les combats révolutionnaires ou radicaux. Quatre ou cinq membres du groupe avaient ainsi connu dans leur jeunesse des mouvements d’extrême droite. Ce qui sur quatre-vingt membres, constitue un pourcentage bien moindre que le pourcentage moyen attribué à l’extrême droite en France, environ 15%. Clame-t-on pour autant que la France est fasciste ? Non ! Davantage de membres du groupe étaient, par ailleurs, passés dans leur jeunesse par des mouvements d’extrême gauche, maoïstes, trotskystes ou anarchistes, mais, cela ne faisant pas scandale, l’EdJ, qui se voulait encore de gauche, ne s’y est pas intéressé. Et puis, il y avait Christian Bouchet, effectivement toujours militant à l’extrême droite4 et bête noire du journaliste de l’EdJ. Au sein du Groupe de Thèbes, il était là comme le meilleur spécialiste universitaire du thélémisme et un excellent historien.

Politica Hermetica fut attaqué abusivement de la même manière que le Groupe de Thèbes. Inventer des groupes extrémistes est alors une activité à la mode dans une certaine presse. C’est toujours plus facile que de combattre les nouveaux fascismes émergeants, bien à l’oeuvre aujourd’hui avec la complicité de la plupart des grands médias. Cela relève de ce que Philippe Murray désigne comme « la grande vague morale de notre temps, le règne épurateur des Vertueux de profession (…) les conséquences directes du long mouvement d’infantilisation qui envahit les sociétés occidentales »5.

Remarquons que l’EdJ n’a jamais écrit que le Groupe de Thèbes était d’extrême droite. Il a suggéré subtilement que le groupe était infiltré par l’extrême droite, ce qui ne résiste pas à l’analyse, mais laisse ceux qui avaient intérêt à instrumentaliser l’affaire franchir aisément le pas de la condamnation.

Vous-même étiez déjà Citoyen du monde depuis longtemps, plutôt libertaire. Vous aviez aussi travaillé dans le domaine des droits de l’homme. Vous connaissiez les engagements de Christian Bouchet. Comment aviez-vous accepté sa présence au sein du groupe ?

Le journaliste de l’EdJ m’a posé cette même question. J’ai répondu par cette métaphore : « Quand des aventuriers, des grands voyageurs, se lancent à l’assaut de l’Himalaya, ils savent qu’au-dessus de 4000 mètres, tous ceux qu’ils rencontrent sont nécessairement des amis. Ce que les uns et les autres étaient dans la vallée ne comptent pas. »

Cette métaphore est devenue sous la plume de ce journaliste : « Quand deux alpinistes grimpent en cordée, il est rare que l’un demande à l’autre ce qu’il a mangé avant de venir. ». Incompréhension ? Mal de l’altitude ? Volonté de dégrader ? Attrait irrésistible pour la métaphore nourricière ? Ou simplement carence de style ?

Quand Christian Bouchet a été invité, j’ignorais ses engagements. Cependant, même si je les avais connus, je ne l’aurais pas écarté, bien que ne partageant pas son positionnement. D’une part, les opinions politiques des uns et des autres ne me regardent pas, sauf à prendre acte de leur degré d’identification à l’opacité. D’autre part, je pense, mais je conçois qu’on puisse ne pas être d’accord, qu’il est nécessaire de parler avec tout un chacun et qu’une démocratie, ou prétendue telle, doit laisser la parole à tous y compris aux ennemis de la démocratie. On ne peut promouvoir les libertés en commençant par exclure et refuser d’entendre. L’anti-fascisme est une posture qui se nourrit souvent du fascisme et finit par en adopter les méthodes. Nous en avons des exemples dans l’actualité. Mieux vaut établir le dialogue, éclairer les consciences et écarter les nuages en soufflant le vent de la liberté par l’art de la conversation ou la discussion philosophique. Les droits de l’homme, que peu de gens connaissent réellement, ni, souvent, ceux qui les brandissent à longueur de discours, ni bien sûr ceux qui les combattent, sont un formidable vecteur de changement et de pensée (plutôt que d’opinion). Ils garantissent d’ailleurs, comme je l’ai écrit à plusieurs reprises6, la permanence des traditions et les libertés de base dont les voies initiatiques ont besoin pour se révéler, libertés de conscience, de parole, de mouvement.

L’affaire Bouchet était aussi quelque peu franco-française. Si la presse italienne s’était intéressé à l’affaire, ce qui ne fut pas le cas, on se serait plutôt interrogés sur la présence de Paolo Fogagnolo, qui avait un passé dans l’extrémisme de gauche et avait un moment côtoyé les Brigades Rouges. Encore une fois, il n’était pas invité pour son passé mais parce que son ouvrage sur Giuliano Kremmerz, même s’il est controversé, fait référence dans les universités sur le sujet.

L’autre personnage qui fait débat est Massimo Introvigne. Que faisait-il au Groupe de Thèbes ?

Il est le Directeur du CESNUR7, le Centre de Recherches sur les Nouvelles Religions, qui rassemble les meilleurs spécialistes universitaires de la planète sur le sujet des religions, nouvelles religions et mouvements initiatiques. Il est aussi un grand catholique. On nous a reproché sa présence. J’ai reçu des lettres dénonçant l’infiltration de la scène hermétiste par l’Eglise Catholique pendant que le Vatican recevait des courriers dénonçant la collusion de Massimo Introvigne avec les mouvements occultistes. C’est une personnalité brillante qui a beaucoup apporté au groupe par son érudition, sa lucidité et son humour.

En réalité, Massimo Introvigne est toujours demeuré un catholique actif, et très sensible aux questions de liberté religieuse. Il organisa une riposte de grande qualité à la campagne anti-sectes lancée par le France en 1996 avec le rapport Guyard. Il fut le premier à voir le danger qu’il y aurait à légiférer contre les sectes alors que le droit commun est suffisant pour combattre leurs dérives éventuelles. Avec ses collègues, il dénonça la médiocrité des analyses, les erreurs grossières, la mise à l’écart caractérisée des travaux des spécialistes, juristes, historiens des religions, sociologues et autres, afin de développer une doctrine et des dispositifs qui portaient atteinte aux libertés. Un contre-rapport8 rigoureux fut publié qui s’appuie sur le droit international, le droit européen, le droit national et les travaux des spécialistes. Massimo Introvigne était gênant pour ceux qui faisaient du mouvement anti-secte soit un business, soit un pare-feu destiné à détourner l’attention des vrais problèmes. L’EdJ s’est fait ainsi le porte-parole d’un petit lobby et tenta de ternir l’image de Massimo Introvigne. Ce fut peine perdue.

Cette affaire a-t-elle connue d’autres rebondissements dans la Presse?

Non. Le montage était si peu sophistiqué, si apparent, si grossier, qu’aucun des grands journaux ou hebdomadaires français ne reprit le dossier. Les prétendues révélations de l’EdJ se dégonflèrent rapidement.

L’hebdomadaire refusera de passer notre droit de réponse qui fut toutefois publié, petitement, dans un numéro de L’Esprit des Choses, comme mise au point. Nous n’insisterons pas. En effet, les études sur les rumeurs ont montré que plus la victime cherche à se justifier, plus la rumeur9 est renforcée. L’avocat consulté à l’époque considérera inutile d’aller en justice pour obtenir un droit de réponse dont, de toute manière, la disproportion en regard des moyens de l’agresseur était telle que son éventuel et aléatoire effet serait insignifiant. Le duel étant malheureusement toujours interdit, il ne nous restait que la plume ou le silence. Nous sommes passés à autre chose…

Certains, depuis, ne se privèrent pas d’instrumentaliser à leurs propres fins la publication et de nourrir les rumeurs. Quelques exemples :

La revue Sodalitium qui représente un catholicisme traditionnel extrême auprès de qui Monseigneur Lefèvre passerait pour un progressiste, dénonça le Groupe de Thèbes comme un élément du complot Judéo-maçonnico-sataniste10. Massimo Introvigne était bien sûr visé.

Xavier Pasquini reprit à son compte les accusations non fondées de l’EdJ contre le Groupe de Thèbes dans une revue du G :.O :. de F :.. Une demande de rectification resta là aussi, étrangement, lettre morte.

Quelques petites publications d’extrême droite s’alarmèrent de l’intérêt de certains membres de leur famille politique pour l’ésotérisme.

Une même semaine, une feuille dirigée par une personnalité disparue de la Nouvelle Droite, me traitait de « « droitdel’hommiste » qui hurle avec les loups » pendant que, dans le camp opposé, le Réseau Voltaire renouvelait la position, pourtant intenable, consistant à faire du Groupe de Thèbes un dangereux groupe fasciste. On connaît bien aujourd’hui les capacités au trucage du Réseau Voltaire et de son président, Thierry Meyssan11.

En 2002, un corbeau, qui signait Cornélius12, finalement identifié, reprit le sujet dans des tracts anonymes délirants envoyés à des éditeurs et des rédactions.

En 2002, la revue Corsica13, dans un dossier de Gabriel-Xavier Culioli consacré à Jean-Michel Rossi ressortit l’affaire du Groupe de Thèbes ajoutant encore des informations erronées. Là encore, aucune volonté de vérifier les faits, de comprendre et de corriger les erreurs de la part du journaliste et de son chef de rédaction.

Je ne m’étendrai pas sur l’immaturité du web où la désinformation initiale sur le Groupe de Thèbes alimente désormais les délires conspirationnistes. Internet ressemble davantage aujourd’hui à un Café du commerce mondial, la convivialité en moins, qu’à l’Agora rêvée encore par quelques-uns.

Ces quelques exemples, qui finissent par devenir pathétiques à force d’incongruités, ne font qu’illustrer les contradictions et les velléités humaines. Ils sont les formes symptomatiques qu’emprunte une société aliénée que chacun peut reconnaître dans le traitement quotidien de questions beaucoup plus vitales. Il est bien moins dangereux d’inventer un faux groupe extrémiste ou un faux groupe terroriste que d’affronter les nouveaux totalitarismes planétaires ou les nouvelles barbaries. « L’homme ressemble à l’homme. »

De rumeur en rumeur, je crois qu’aucune calomnie ne nous aura été épargnée. La « voie du blâme14 » m’est donc devenue très familière. Notre époque est à ce point « normée » et « conformiste » qu’il suffit de faire un pas hors des sentiers battus pour se retrouver sur une voie du blâme. Aucune provocation n’est même désormais nécessaire comme c’était le cas à la fin du XIXème et dans la première partie du XXème siècle.

Il y eut donc des remous. Pas de grand fracas, ni de drames, mais quelques turbulences passagères qui aujourd’hui peuvent faire sourire mais dont nous nous serions bien passés.

Quelles furent les réactions des diverses obédiences maçonniques et quelle fut leur position vis à vis du Groupe de Thèbes ?

A ma connaissance, il n’y eut aucune réaction officielle. La plupart des obédiences reconnurent le dossier de l’EdJ pour ce qu’il était. Seul le Grand Orient de France, directement mis en cause pour avoir mis à disposition une de ses salles pour les travaux du groupe, aurait pu être ennuyé. C’était là le véritable objectif de ceux qui avait orchestré cette publication. Mais la direction du Grand Orient ne s’attarda pas sur cet incident. Il y eut sans doute de rares mouvements en coulisse mais pas de répercussions directes. Je pense que quelques portes maçonniques se sont fermées alors devant nous tandis que dans le même temps, paradoxalement, de nombreuses nouvelles portes s’ouvraient, notamment dans les milieux hermétistes européens, dans les milieux artistiques et les avant-gardes.

Qu’en est-il aujourd’hui du Groupe de Thèbes ?

Après la publication de ce dossier noir par L’Evénement du Jeudi, j’ai pris la décision de fermer le Groupe de Thèbes. C’était la solution la plus simple et la plus sage afin de poursuivre le processus engagé plus sereinement sous d’autres modalités. En trois années, les relations et les co-créations qui devaient s’établir entre les membres étaient construites et nous n’avions plus nécessité d’un cadre, même léger, comme le Groupe de Thèbes. Nous avons néanmoins continué d’organiser des réunions de spécialistes et de responsables d’organisations initiatiques, ciblées sur des thèmes précis, sous le nom de Rencontres Singulières, pendant quelques années, puis j’ai privilégié d’autres approches, d’autres rapports.

L’idée du Groupe de Thèbes fut reprise ailleurs, par d’autres, selon des modalités semblables ou différentes. Toutes ses expériences furent intéressantes mais toutes eurent à subir les mêmes types de problème : des tensions internes qui nourrissent une attaque extérieure caricaturale et infondée. Ce qui pourrait conduire à replacer ces événements récurrents dans le contexte général de tension entre tradition et modernité.

Paradoxalement, ce qui était destiné à nous nuire, et qui eut effectivement quelques effets préjudiciables, s’avéra salutaire. Cela entraîna une occultation naturelle, toujours favorable à l’oeuvre initiatique véritable. Cela permit aussi de distinguer entre les impasses, les chemins de détour et les voies directes. Dans le monde de la dualité, la meilleure qualité de l’information est toujours comportementale.

Aujourd’hui, selon l’expression consacrée en Orient, je vis « retiré au fond du Jardin ».

Au début de cet échange, vous avez évoqué la « rumeur dualiste », que vouliez-vous dire ?

L’être humain est prisonnier de ses conditionnements et de ses identifications dualistes, inscrits notamment dans le langage. Englué dans l’avoir et le faire, aveuglé par son histoire, ou pire, sa « légende », personnelle, il n’a pas accès au Réel mais prétend détenir la vérité. Que fit l’EdJ ? Ce que nous avons tous tendance à faire, énoncer le bien et le mal. « Religieusement », l’EdJ clama comme vérité ce qui n’était qu’une rumeur. Il convient d’en finir avec la prétention à détenir la vérité et à être juste. Il serait tentant de désigner tel ou tel responsable, de chercher un coupable parmi les protagonistes de cette aventure pittoresque. Pourtant, comme tous les organismes vivants, ils ont fait le meilleur choix parmi ceux qu’ils distinguaient comme leur étant offerts, pour répondre à une intention bonne et inconsciente, satisfaire les besoins d’appartenance et de reconnaissance. Mais le choix dualiste est restreint, pauvre et parfois même ridicule, tant que les besoins de réalisation n’ont pas émergé dans la conscience. L’usage courant du langage, aristotélicien et binaire, conduit invariablement à la condamnation, à l’arbitraire, au mieux à l’absurde qui, au moins, interroge. L’être humain est éminemment subjectif. L’objectivité n’est pas une qualité humaine mais la subjectivité est la source de sa créativité, pour peu qu’elle échappe au carcan des conditionnements et des antinomies qui draine cette rumeur permanente qui occupe notre conscience, l’ego, le moi, la « personne », le masque. Tant que nous ne libérons pas la place de la conscience, toute la place, pour l’être, nous sommes occupés, cannibalisés, par la rumeur dualiste.

L’expérience du Groupe de Thèbes fut-elle constitutive de votre écriture ? Je pense notamment aux morceaux d’incohérisme publiés chez Rafael de Surtis, regroupés et complétés aujourd’hui en deux gros volumes chez Arma Artis15 ?

« Quelle est l’expérience fondamentale ou fondatrice que vous jugeriez à l’origine de votre écriture ? » René Daumal avait posé la question qui fut reprise voilà quelques années, de manière intelligente, par la revue Place aux Sens16. L’écriture se nourrit de toutes nos expériences mais je ne vois pas de liens constitutifs directs et évidents entre les deux. Les morceaux d’incohérisme ne relèvent pas de l’histoire personnelle mais de la conscience non-duelle. Par contre, je pense que cette expérience a contribué à la formation d’un regard distant sur les ordres et sociétés initiatiques, confondus trop souvent avec les voies initiatiques, regard qui a marqué d’autres essais : La Franc-maçonnerie comme voie d’éveil17 ou Masque, Manteau, Silence, le martinisme comme voie d’éveil18.

Pourquoi parler aujourd’hui ?

Le Groupe de Thèbes ne fut qu’un épisode, bref et intense, de l’aventure mouvementée des sociétés initiatiques occidentales. Il rejoindra, dans le musée historique de l’initiation, la « Guerre des deux roses »19, l’opposition entre la FUDOSI et la FUDOFSI20, ou les grandes scissions maçonniques…

Il convient aujourd’hui de démystifier le Groupe de Thèbes, de permettre aux fantasmes qui perdurent de se dissiper. Mais, au-delà, il est sans doute nécessaire de démystifier les sociétés secrètes initiatiques elles-mêmes, non seulement aux yeux profanes, mais surtout aux yeux de ceux qui se veulent « initiés ». Les organisations initiatiques rendent parfois service, avait coutume de dire Robert Amadou. En effet, elles mettent parfois les chercheurs sur la piste des voies d’éveil, elles peuvent aussi égarer. Parfois utiles, elles ne sont jamais indispensables.

Quelles leçons tirez-vous de cet épisode ?

Il y a une totale incompatibilité entre le politique et l’initiatique. Aucun compromis n’est possible. Il n’y a pas d’ataraxie possible en politique. Le politique cristallise l’identification dualiste tandis que l’initiation libère des oppositions duelles pour donner accès à une libre conscience non-duelle. L’initiation, inactuelle par essence, ne peut que se diluer dans l’actualité. L’intime initiatique, comme sans doute toute forme d’intimité, ne supporte pas les lumières blêmes et artificielles de la mondanité.

Terminons par une banalité. Dans ce monde, seules les banalités peuvent être des vérités. « Pour vivre heureux, bien sûr, vivons cachés. ».

1 Pour la Rose Rouge et la Croix d’Or de Jean-Pierre Giudicelli de Cressac Bachelerie, publié à l’époque chez Axis Mundi. Réédition augmentée en 2007 au Mercure Dauphinois.

2 Fédération Universelle des Ordres et Sociétés Initiatiques. Lire à ce sujet l’excellent travail de Serge Caillet, Sar Hiéronymus et la FUDOSI, Editions Cariscript, Paris, 1986.

3 Le monde des sociétés initiatiques n’est pas immunisé contre les avatars de la vie des groupes. Certains courants connaissent toutefois plus d’agitations que d’autres. Le courant rosicrucien de la Golden Dawn, le thélémisme et les rites maçonniques égyptiens semblent plus particulièrement enclins à la division. Ces courants attirent souvent de fortes personnalités et de nombreux créateurs qui ont besoin de place pour s’exprimer, ce qui origine des tensions.

4 Animateur du mouvement Nouvelles Résistances.

5 Rejet de greffe. Exorcismes spirituels vol 1 de Philippe Muray, Les Belles Lettres. Paris, 1997.

6 Tradition et droits de l’homme in L’Esprit des Choses, n°4 et 5, CIREM, juin 1993. Article repris plus tard dans L’Originel puis dans Occulture. La collection complète de L’Esprit des Choses 1992-2002 est désormais disponible en CD-Rom.

7 Centro studi sulle nuove religioni. Site : http://www.cesnur.org/

8 Pour en finir avec les sectes. Le débat sur le rapport de la commission parlementaire, Dervy, Paris 1996.

9 Lire notamment Sociologie politique des rumeurs de Philippe Aldrin, PUF, 1985, qui s’intéresse aux fonctions sociales et régulatrices de la rumeur et de Pascal Froissart La rumeur. Histoires et fantasmes, Editions Belin, 2002, qui démystifie le discours scientifique sur la rumeur.

10 A plusieurs reprises, Sodalitium soit dans son édition italienne soit dans son édition française abordera le sujet. Le n° 38 de Sodalitium publia un résumé orienté du dossier de l’EdJ dans un article rédigé, cela ne s’invente pas, par le Padre Torquemada.

11 Dénoncé, entre autres, par Fabrice Nicolino dans Politis du jeudi 11 avril 2002 qui remarque que les fiches du Réseau Voltaire « ne sont pas sans ressembler aux si fameuses notes des Renseignements généraux » et précise que « ces fiches mêlent d’une façon insupportable le vrai, l’établi, la rumeur et la calomnie. ».

12 Pseudonyme déjà utilisé pour envoyer des tracts anonymes à propos du Prieuré de Sion à Henri Lincoln, Michael Leigh et Richard Baigen qui enquêtaient alors pour rédiger leur célèbre livre : Le message. Les tracts reçus par Lincoln, Leigh et Baigen étaient intitulés « Les scandales du « Prieuré de Sion ». Ceux de 2002 seront intitulés « Les scandales de l’OTO ».

13 Corsica n°36, septembre 2002.

14 On rencontre cette pratique dans le soufisme notamment, on parle alors de la voie de la malâm, du blâme, mais elle existe dans d’autres courants, notamment orientaux. La voie du blâme consiste à provoquer chez les autres un sentiment d’indifférence, de déconsidération, de mépris ou de rejet de soi-même. Cette voie permet de trancher l’ego et de se libérer du besoin de reconnaissance et d’appartenance, d’échapper à la mondanité.

15 Eveil et Incohérisme de Rémi Boyer. Éditions Arma Artis, 2005 et Eveil et Absolu de Rémi Boyer.Éditions Arma Artis, 2009.

16 Place aux Sens n°4. Mars 2002.

17 La Franc-maçonnerie comme voie d’éveil de Rémi Boyer. Co-édition Rafael de Surtis et Editinter. 2006.

18 Masque, Manteau et Silence, le martinisme comme voie d’éveil de Rémi Boyer. Editions Rafael de Surtis 2008.

19 On désigne par « Guerre des deux roses » le conflit qui opposa, à la fin du XIXème siècle, Stanislas de Guaïta, fondateur de l’Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix et Joséphin Péladan, fondateur de l’Ordre de la Rose-Croix, du Temple et du Graal, appelé aussi la Rose-Croix catholique.

20 Fédération concurrente de la FUDOSI, fondée par Swinburne Clymer.

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